Public Opinion and Communication Networks
in Eighteenth-Century Paris

© Robert Darnton / Princeton University


Appendix IV: The Trail of the Quatorze


The following report, unsigned but clearly prepared by someone in the police, summarizes the investigation. It comes from the papers of the Affaire des Quatorze in the Bibliothèque de l'Arsenal, ms. 11690, ff. 150-151:


Juillet 1749

Affaire concernant les vers



A reçu l'ode d'Edouard, prêtre.

Bonis, natif de Montignac en Périgord, bachelier de la faculté de médecine de Bordeaux, gouverneur des srs. le Saige, pensionnaires au Collège des Jésuites.

Arrêté le 4 juillet



A donné l'ode à Bonis, l'a reçue de Montange.

Edouard, prêtre du diocèse d'Autun, habitué à la paroisse St. Nicolas des Champs.

Arrêté le 5 juillet



A donné l'ode a Edouard, l'a reçue de Dujast.

Inguimbert de Montange, natif du Comtat, prêtre et bachelier de la maison de Navarre, parent de l'évêque de Carpentras

Arrêté le 8 juillet



A donné l'ode a Montange, l'a reçue de Hallaire,

Dujast, natif de Lyon, diacre chanoine d'Oléron, licencié de la maison de Navarre.

Arrêté le 8 juillet



A donné l'ode à Dujast, l'a reçue de Jouret, a dit de plus avoir reçu de l'abbé Guyard les vers sur le Prétendant, ceux sur le vingtième, et les "Echos de la cour."

Hallaire, natif de Lyon, âgé de 18 ans, étudiant en droit.

Arrêté le 9 juillet



A donné l'ode à Hallaire, l'a reçue de Du Chaufour

Jouret, natif de Paris, âgé de 18 ans, clerc d'un procureur du Grand Conseil.

Arrêté le 9 juillet



A donné à Hallaire les vers sur le vingtième. A reçu et écrit sous la dictée de Sigorgne ceux qui commencent "Quel est le triste sort des malheureux Français" et "Sans crime on peut trahir sa foi." A reçu de Baussancourt les "Echos de la cour," lequel lui a lu "Peuple jadis si fier, aujourd'hui si servile." A reçu de l'abbé Le Mercier la chanson sur la cour "Ah! le voici, Ah! le voila" [sic; this is the same as the Echos de la cour.]

L'abbé Guyard, demeurant au Collège de Bayeux, dénoncé par Hallaire pour d'autres vers que l'ode.

Arrêté le 10 juillet



A donné l'ode à Jouret, l'a reçue de Varmont, qui dans la classe la lui a dictée de mémoire.

Du Chaufour, natif de Paris, âgé de 19 ans, étudiant en philosophie au Collège d'Harcourt, dénoncé pour l'ode par Jouret.

Arrêté le 10 juillet.



A donné à Guyard la chanson sur la cour "Ah! le voici, ah! le voilà "[sic]. L'a reçue de Théret séminairiste de Saint Nicolas du Chardonnet, qui lui a aussi donné les vers, "Quel est le triste sort des malheureux Français" et "Peuple jadis si fier, à présent si servile."

L'abbé Le Mercier, sous diacre du diocèse d'Angers, maître des arts, dénoncé par l'abbé Guyard pour d'autres vers que l'ode.

Arrêté le 10 juillet



A donné à Guyard les "Echos de la cour" et "Peuple jadis si fier." A reçu du sr. Langlois de Guerard, conseiller au Grand Conseil, "Peuple jadis si fier." A reçu du sr. Menjot, fils du maître des comptes, les "Echos de la cour."

L'abbé de Baussancourt, natif d'Haguenau en Alsace, prêtre et docteur de Sorbonne, dénoncé par Guyard pour d'autres vers que l'ode.

Arrêté le 12 juillet



A nié par son interrogatoire d'avoir composé, ni eu en sa possession, ni dicté à personne aucuns vers contre le roi.

L'abbé Sigorgne, diacre du diocèse de Toul, Professeur de philosophie au Collège du Plessis, dénoncé par les abbés Guyard et Baussancourt pour d'autres vers que l'ode.

Arrêté le 16 juillet



Déclare que Varmont fils lui a donné trois pièces de vers, savoir: l'ode sur l'exil de M. de Maurepas, "Quel est le triste sort des malheureux, etc.", "Lâche dissipateur, etc." Nie les avoir donnés à personne.

Le sr. Maubert, étudiant en philosophie.

Arrêté le 19 juillet



A averti le sr. Varmont que Du Chaufour était arrêté, au moyen de quoi il s'est évadé le 10 juillet.

Le sr. Tranchet, clerc de notaire, qui servait de mouche à d'Hémery.

Arrêté le 19 juillet



Déclare avoir récité par cœur à Var-mont fils les vers "Lâche dissipateur du bien de tes sujets" que Varmont a pu retenir de mémoire. Ne se souvient pas qui les lui a donnés.

Le sr. Du Terraux,

Arrêté le 25 juillet



A dit qu'il a dicté en classe à Du Chaufour les vers, "Monstre dont la noire furie" ou les vers sur l'exil de M. de Maurepas, qu'il tenait de Maubert de Freneuse, qui les lui avait dictés en présence de son autre frère Maubert, qui est arrêté. A eu aussi "Quel est le triste sort des malheureux Français" par Ladoury, clerc de procureur, et ceux, "Lâche dissipateur du bien de tes sujets" par le sr. Du Terraux.

Varmont fils a fait sa déclaration le 26 juillet



A Conceptual Problem
Policing a Poem
A Communication Network
Ideological Danger?
Court Politics
Crime and Punishment
A Missing Dimension
The Larger Context
Poetry and Politics
Oral Communication
Chansonniers
Reception
A Diagnosis
Public Opinion

Appendix I: The Songs and Poems Distributed by the Quatorze
Appendix II: Texts of "Qu'une bätarde de catin"
Appendix III: Poetry and the Fall of Maurepas
Appendix IV: The Trail of the Quatorze

Notes

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